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Point G

La prostate de la femme

Citations

Chez l’homme, l’éjaculation se produit à la fin de la copulation tandis que la sécrétion de la femme est ininterrompue. Tout s’arrête après l’orgasme victorieux qui survient au tarissement des jus.

Kâma-sûtra

Zoom: insuiinsui
« C’est un truc de magazines féminins, non ? », « Pourquoi Point G ? Pourquoi on l’appelle comme ça ? Et pourquoi un point, d’abord ? La jouissance féminine est diffuse, on ne peut pas la situer sur un point… » « Si je savais où il est, mon point G… »

Voilà le genre de réponses que l’on obtient au début du XXIe siècle lorsque que l’on interroge la gente féminine. Alors qu’il suffit de surfer rapidement sur la toile pour trouver une foule de promesses faramineuses attachées à ce fameux point considéré comme « la porte du paradis » et ouvrant à des « orgasmes quasi mystiques ». Et alors que des professionnelles du sexe publient force livres et DVD pour prouver que le point G existe, que si on le stimule, on obtient des sensations inouïes, voire une éjaculation, ce qui amène immédiatement à évoquer les fameuses « femmes fontaine »…

D’Annie Sprinkle à Ovidie

Annie Sprinkle la féministe américaine a fait œuvre de pionnière en éditant en 1992 Sluts and Goddesses, dans lequel elle prétend que le fist-fucking est le meilleur moyen de trouver le point G et d’avoir un orgasme car cela permet de détendre le vagin. Dans Masturbation Memoirs (1994), elle se met en scène et atteint un orgasme qui dure 52 minutes ! On y voit également d’autres femmes en pleine jouissance et des sexologues font part de leurs connaissances sur le sujet. Les deux vidéos ont été rééditées en DVD (www.anniesprinkle.org). Une autre Américaine, Deborah Sundahl, passe désormais pour être la grande spécialiste de la question. Les éditions Tabou ont publié d’elle Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine. Son livre est accompagné d’un DVD pédagogique illustrant des exercices pratiques et montrant de belles éjaculations féminines. Il est sans doute l’ouvrage le plus accessible et le plus complet sur la question à ce jour.

Quant à l’indispensable Ovidie, ex-star du porno devenue réalisatrice et auteur, elle a publié à La Musardine Osez… découvrir le point G en 2006 et dans son film Sexualité mode d’emploi, elle montre elle aussi comment accéder au paradis de l’éjaculation féminine (voir son site www.pornomanifesto.com). Sur Internet, vous trouverez de nombreux sites traitant de la question comme www.doctorg.com, divers godemichés spécialement adaptés au point G et d’innombrables éducateurs sexuels qui se feront fort de vous faire découvrir votre point G moyennant quelques séances bien rémunérées.

Alors, le point G, tromperie mercantile ou voluptueuse réalité ?

 Mais pourquoi tant de doutes et d’ignorance d’une part, des sexologues et féministes pro sexe démontrant avec acharnement les pouvoirs miraculeux du point G de l’autre ? Parce que le débat n’est toujours pas tranché. Des sexologues et médecins affirment que le point G est une prostate féminine. D’autres médecins rétorquent qu’aucune donnée anatomique ne vient confirmer l’existence d’un point érogène situé sur la face antérieure du vagin, que les études réalisées sont peu nombreuses et peu convaincantes, que la population témoin est trop restreinte, etc.
Certains chirurgiens esthétiques se sont fait eux une spécialité d’injecter de l’acide hyaluronique dans le point G de leurs patientes pour l’amplifier et le rendre plus érogène. Le docteur David Matlock a lancé le mouvement aux Etats-Unis (www.drmatlock.com ). Désormais, de nombreuses cliniques privées proposent ce traitement - fort rémunérateur.

En France, la doctoresse Marie-Claude Benattar propose, elle, carrément une « amplification du point G par une injection intradermique péri-urétrale de 3 ml d’une solution isotonique d’acide hyaluronique » pour soigner les DSF (dysfonctions sexuelles féminines) (voir son article L’Amplification du point G. Nouvelles approches thérapeutiques dans le traitement des dysfonctions sexuelles féminines : l’amplification « du point G » dans les baisses de désir et plaisir féminins www.jim.fr/jim2/FMC/gyneco/pointG.htm).

L'éjaculat sacré des femmes fontaine

Pour y voir un peu plus clair, plongeons-nous dans l’histoire. L’Antiquité déjà s’est intéressée à l’éjaculation féminine. Beaucoup. Elle est évoquée dans le Cantique des Cantiques. En tant que médecins, Aristote, Hippocrate et Galien l’ont étudiée. Les Romains l’ont dénommée liquor vitae, le tantrisme nectar des dieux ou nectar de Lotus, le taoïsme la troisième eau. Le Kâma-sûtra, bien sûr, n’est pas en reste. Les Japonais, dans l’art du Shunga, en ont fait de nombreuses reproductions et encourageaient à boire l’éjaculat féminin censé posséder des vertus rajeunissantes.

En fait, l’éjaculation féminine a toujours fait partie de la culture, elle a été vantée, appréciée, évoquée et peinte. Au cours de l’histoire, on a même pu croire qu’elle jouait un rôle dans la reproduction. L’Occident monothéiste, lui aussi, n’est pas avare de textes de médecine l’évoquant. Ce n’est qu’à partir du puritain XIXe siècle qu'elle a d’abord été reléguée dans la case des indésirables sous le nom de « pollution », pour être ensuite carrément niée. Depuis, la route est longue et ardue…

De De Graaf à Gräfenberg

 Mais reprenons pour ce qui est de notre histoire occidentale. Au XVIIe siècle, Reijnier De Graaf, physiologiste et histologiste néerlandais, décrit un tissu de glandes et canaux présent autour de l’urètre dont la fonction « consiste à libérer un liquide glairo-séreux qui augmente la libido de la femme, la rend plus désirable par son odeur âcre et salée, et lubrifie ses parties génitales pendant le coït » (citation extraite de Jocelyn H. D., Setchell B. P., De Graaf R., On the human reproductive organs. An annotated translation of tractatus de virorum organis generationi inservientibus (1668) and the mulierum organis generationi inservientibus tractatus novus (1772). New treatise concerning the generative organs of women, J ; Reprod. Fertil. 17, 1972. C'est donc à De Graaf que l'on doit le terme de prostata mulierum, soit "prostate féminine" pour définir cette zone particulièrement érogène.

En 1880, le gynécologue américain Alexander J. C. Skene décrit le tissu de glandes et canaux s’ouvrant de part et d’autre de l’urètre. Cependant et contrairement à De Graaf, il considère ce tissu comme un vestige de prostate qui ne joue aucun rôle dans le déclenchement du plaisir féminin. Mais, désormais, il portera son nom, soit glandes et canaux para urétraux de Skene.

En 1948, le gynécologue J. W. Huffman exécute sur la base d’autopsies des maquettes en cire des glandes et canaux para urétraux de Skene et identifie 31 canaux qui se déverseraient dans l’urètre. En 1950, Ernst Gräfenberg s’intéresse à la frigidité des femmes et publie un article intitulé Le Rôle de l’urètre dans l’orgasme féminin (The Role of the urethra in female orgasm, in The International Journal of Sexology, no 3, à lire sur le site http://doctorg.com/Grafenberg.htm). Il y décrit une zone située sur la paroi antérieure du vagin qui gonflerait et serait, au contraire du reste du vagin, très érogène parce que très innervée. Selon l’obstétricien allemand, cette zone serait également responsable de l’émission d’un liquide au moment de l’orgasme et provenant de l’urètre, mais différent de l’urine. Cependant, ce n’est pas lui, comme on le croit à tort, qui a baptisé cette zone point G. Ses recherches sont en effet restées quelque peu ignorées pendant les grandes années de la libération sexuelle féminine où l’on a brandi le clitoris comme seul organe capable de déclencher un orgasme féminin. Les féministes reprochaient en effet aux tenants du point G de prôner un retour au coït traditionnel et conservateur par pénétration vaginale !

Enfin, les sexologues

Ce n’est que dans les années 80 que des sexologues américains ont repris, pour les prolonger, les recherches de Gräfenberg sur cette zone innervée du vagin qu’ils baptisent en son honneur point G. John D. Perry, Beverly Whipple et Alice Ladas étudient les circuits neurologiques et les capacités orgasmiques de cette zone, ainsi que le phénomène de l’éjaculation féminine. Ils décrivent alors un liquide contenant des phosphatases acides prostatiques, biologiquement différent de l’urine. En 1982, ils publient ensemble The G-Spot and Other recent Discoveries About Human Sexuality en promettant de changer la vie sexuelle de leurs lecteurs. Ce livre grand public devient vite un best-seller. En français, il a été édité sous le titre Le point G et autres découvertes récentes sur la sexualité humaine chez Robert Laffont, mais il est épuisé. La version américaine a été, elle, rééditée et actualisée en 2005 avec une nouvelle préface. De façon générale, la littérature sur le point G est rare, mais elle est plus rare encore en français – et ce n’est pas sa superficielle et souvent mensongère abondance sur le net qui arrange les choses pour une meilleure compréhension du phénomène.

Eve’s Secrets

On peut d’ailleurs légitimement s’interroger sur le peu de littérature consacrée à ce thème et sur le fait que la majeure partie existante le soit en anglais. Lorsque, en 1987, Josephine Lowndes Sevely, chercheuse à Harvard, publie un livre sur la question, elle a une thèse. Montrant à quel point l’éjaculation féminine est présente dans les différentes cultures du monde à l’exception de l’Occident monothéiste, elle en conclut que ce n’est que le reflet d’une société patriarcale qui continue de nier les équivalences entre les principes masculin et féminin pour mieux assurer la prévalence du masculin qui ne saurait tolérer de prostate et d’éjaculation féminines. Si sa lecture du phénomène dans son contexte historico-culturel est faite à l’aune des gender studies et du féminisme américain, elle n’en est pas moins pertinente. Nous ne pouvons ainsi que conseiller son Eve’s Secrets : A New Theory of Female Sexuality, évidemment, est-il utile de le préciser, jusqu’à présent jamais traduit en français.

Josephine Lowndes Sevely a également montré que le réseau de tissu érectile clitoridien, la prostate, l’urètre et le vagin sont des éléments interconnectés. Elle a ainsi présenté le sexe de la femme comme un organe complet et fonctionnel, similaire au pénis en taille, structure et fonction. Si le point G a eu plus d’écho aux Etats-Unis qu’en Europe, c’est ainsi dû à des féministes pro sexe comme Josephine Lowndes Sevely et au fait que les médecins s’intéressant à la question ont trouvé sur le sol américain un terrain plus ouvert et favorable que sur le Vieux-Continent beaucoup plus réticent à suivre lesdites féministes pro-sexe et à remettre profondément en question son mode de pensée « monothéiste et patriarcal ».

Un débat chez les féministes

Des premières féministes américaines, dont le flambeau est tenu par Shere Hite et ses fameux rapports sur la sexualité féminine, à Josephine Lowndes Sevely, il est intéressant de constater la façon dont la sexualité féminine est abordée en fonction d’une interprétation de « lutte des sexes ». Les premières féministes revendiquent le clitoris comme seul lieu du plaisir, lieu entièrement féminin qui se passe de la pénétration masculine « patriarcale » pour reprendre un terme ad hoc. Du coup, elles ne s’intéressent pas à l’éjaculation féminine. Sevely, elle, prend en compte les recherches de John D. Perry, Beverly Whipple et Alice Ladas pour revendiquer une prostate féminine qui rend la femme égale à l’homme même d’un point de vue anatomique, expliquant sa longue négation par une oppression monothéiste et patriarcale. Comme quoi la lecture féministe du sexe féminin évolue – pour le bien du plaisir féminin, et qu’il serait dommageable de limiter à un seul point, que ce soit le clitoris ou le point G.

Comme chez l’homme, la prostate féminine semble être un point hautement érogène, connecté au reste de l’organe sexuel. La guerre des tranchées entre clitoridiennes et vaginales pourrait enfin cesser grâce à cette troisième zone, celle de la prostate, qui sous-entend un vaste organe sexuel interconnecté et rend son rôle à un vagin qui avait été sous-évalué. On tendrait désormais à dire que la sensibilité vaginale est due à un ensemble urétro-clitorido-vulvaire. Cela dit, dans ce contexte, le Cantique des Cantiques qui chante l’éjaculation féminine reste une belle exception de notre culture historique judéo-chrétienne – donc monothéiste et patriarcale. Mais l’on sait à quel point il est unique dans le corpus biblique qui ne prêche, sinon, ni les voluptés sexuelles ni l’égalité homme-femme.

Du point G à la prostate féminine

C’est un chercheur slovaque, chef de l’Institut de pathologie de la faculté de médecine de Bratislava, qui poursuit maintenant les travaux sans doute les plus pointus sur le point G. En 1999, Milan Zaviavic confirme sur la base de 200 autopsies qu’il existe un tissu glandulaire péri-urétral chez 80% des femmes et dont le marqueur est le PSA (antigène prostatique spécifique), soit le même que celui de la prostate masculine. Selon lui, les glandes et canaux de Skene ou glandes péri-urétrales ont la même pathologie et la même fonction que la prostate masculine. Le « point G » jouerait donc un rôle dans le déclenchement du plaisir sexuel et secréterait un produit prostatique par l’urètre, différent de l’urine mais comparable au liquide prostatique masculin. Il propose ainsi de rebaptiser la zone du point G « prostate féminine » et publie The Human Female Prostate : From Vestigial Skene’s Paraurethral Glands and Ducts to Woman’s Functional Prostate (Slovak Academic Press, 1999, Bratislava).

En 2001, la FICAT (Federative International Committee on Anatomical Terminology) adopte pour les glandes péri-urétrales le nom de « prostata feminina » et Zaviacic publie La Prostate féminine : historique, morphologie fonctionnelle et implications en sexologie (revue Sexologies, XI, no 41, pages 38 à 49).

Dans son étude citée ci-dessus, Marie-Claude Benattar explique que les prostates féminine et masculine ont les mêmes origines embryologiques. « En effet, l’embryon garçon ou fille avant 8 semaines a le même appareillage génital indifférencié. C’est seulement après 9 semaines du développement fœtal, grâce au chromosome Y, que la testostérone du fœtus garçon permet la différenciation des organes masculins. Cela explique que la femme possède des résidus prostatiques rudimentaires. » La mini-prostate féminine ou équivalent à l’état atrophique de la masculine n’aurait un poids que de l’ordre de 5 grammes, la prostate masculine en pesant 25 grammes. Elle ne peut à elle seule secréter la quantité de liquide de l’éjaculation féminine, qui varie entre 25 et 200 ml mais peut aller jusqu’à 300 ml lors d’un même rapport avec des éjaculations multiples. Hypothèse actuellement retenue : l’éjaculat serait composé d’une part du liquide produit par les glandes para-urétrales et d’autre part d’une sorte de pré-urine claire due à un dysfonctionnement de l’appareil urinaire lors de l’orgasme.

Une localisation variable

Marie-Claude Benattar relève encore des différences entre les prostates : « autant la prostate masculine est compacte et abdominale, autant ce tissu est très peu dense, tissant ses larges mailles autour de l’urètre périnéal féminin. » Et elle décrit la prostate féminine comme un « tissu érectile situé autour de l’urètre périnéal, dans la profondeur de la paroi vaginale antérieure à 2 centimètres environ de son entrée. » Sa localisation varie d’une femme à une autre : elle se trouverait pour 60% des femmes près de l’orifice méatique, pour 10% près de l’embouchure urétrale dans la vessie, pour 10% disséminée le long du trajet urétral. Présente chez 80% des femmes, 16% d’entre elles n’auraient qu’un tissu rudimentaire.

Et les 4% restants ? Eh ! bien… Cela fait partie des très nombreuses questions qui restent en suspens. Comme le dit Marie-Claude Benattar à la fin de son étude, « la sexualité féminine est un champ de recherche neuf et encore à ses premiers balbutiements ». Scientifiquement, si l’on peut désormais localiser une prostate féminine en exécutant une autopsie, il est beaucoup plus difficile d’évaluer ses capacités orgasmiques et éjaculatoires sur des femmes en vie. Cependant, l’éjaculation d’un liquide prostatique a été constatée et analysée. Même si elle est le fait de peu de « cobayes », même si, autour de nous, nous ne connaissons que peu – ou pas – de « femme fontaine », elle est une réalité.

Alors ? Comment conclure ? Qu’il est impossible, à l’heure actuelle, de conclure. Une prostate féminine semble bien exister. Mais elle n’est pas simplement une petite zone rugueuse à l’entrée du vagin. Elle peut être rudimentaire ou pas. Elle peut être localisée à l’entrée du vagin ou être plus diffuse. Alors ? Alors. On peut tenter de suivre les enseignements destinés à vous faire découvrir votre point G, pardon, votre prostate féminine, pour aboutir à des orgasmes mystico-tantriques vantés par des sexologues. Mais eux-mêmes le disent : ce n’est pas facile, ce n’est pas accessible à toutes les femmes (les fameux 4% ?), cela demande des exercices de musculation, des positions particulières lors du coït, et si vous n’y parvenez pas, surtout, ne vous culpabilisez pas. À bon entendeur…

S.F.

Livres -

 Essais

Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine, Deborah Sundahl, Tabou 2007. Son livre est accompagné d’un DVD.

Osez découvrir le Point G, Ovidie, La Musardine 2006

Sesso ? Grazie, tanto per gradire, Franca Rame

Soit Du sexe ? Oui, pour vous faire plaisir, de Franca Rame, épouse de Dario Fò, un monologue inspiré du livre de son fils Jacopo Fò, Lo Zen et l’arte di scopare (Le Zen et l’art de baiser), 1996

« Le point G ? Elles en parlent toutes, mais qui l’a trouvé ? »

Amour et sexualité, Éditions Christophe Colomb, 1988

Pour profiter au maximum des voluptés du point G, nommé par les sexologues le fascia de Halban, il est recommandé d’aller uriner avant les préludes érotiques. Caresser ensuite le clitoris. Au moment où se déclenche l’orgasme clitoridien, abandonner celui-ci qui, comme le pénis après l’éjaculation, devient sensible jusqu’à la douleur, pour aller vers le point G qui, à son tour, sera caressé jusqu’à l’orgasme. « Les vagues d’orgasme externe et profond pourraient ainsi se poursuivre indéfiniment, au point, si l’on en croit certains auteurs, de se confondre avec un continuum orgasmique. Cet état de transe orgasmique serait comparable sur bien des points aux états d’exaltation mystique ou de méditation transcendantale », écrit Gilbert Tordjman, médecin et président fondateur de l’Association mondiale de sexologie, dans le livre La Femme et son plaisir.

Die Dritte Dimension der Lust, das Geheimnis der weiblichen Ejakulation, Karl Stifter, Verlag Ullstein GmbH Frankfurt/Main, 1988

Ce médecin devenu thérapeute sexuel livre sans doute le livre le plus complet sur l’histoire du point G dans la médecine : il cite tous les textes importants de l’Antiquité à nos jours, et apporte des témoignages contemporains recueillis dans sa pratique (voir son site www.drstifter.com). Malheureusement, son livre n’a pas été traduit.

Eve’ Secrets : A New Theory of Female Sexuality , Josephine Lowndes Sevely, New York, Random House, 1987

Excellent pour une histoire culturelle du point G, de l’éjaculation et de leurs mythes. Non traduit en français.

Ce Paradis trop violent, Autour des femmes-fontaines , Frédérique Gruyer, Robert Laffont, 1984

Un très beau livre sur la femme et ses orgasmes qui rend au sexe sa part émotionnelle, en dialogue avec Freud et le tantrisme. Malheureusement, il est épuisé, mais on le trouve sur le Net.

« La grande variété de réactions sexuelles que décrivent les femmes-fontaines, ce que j’appelle leur labilité sexuelle, pose une question sur la relation qui peut exister entre certains types de réactions orgasmiques et les émotions, les affects mis en jeu dans l’acte sexuel. Les femmes-fontaines paraissent en effet avoir une aptitude particulière à mettre en acte leur affectivité, sur le plan sexuel et plus précisément ce qu’elle a de plus archaïque au niveau inconscient. »

 

Fiction

L’Amour propre ne le reste jamais très longtemps, Martin Veyron, L’Echo des Savanes / Albin Michel, 1983

-       Houlala, j’ai joui fort ! Vous m’avez sentie ?

-       Drôlement ! Vous faites toujours pipi, quand vous avez un orgasme ?

-       Qu’il est bête ! C’est pas du pipi ! Vous ne saviez pas qu’une vraie graffenbergienne jouit ET éjacule ?

-       Non ?

Les Amours secrètes de M. Mayeux 

Ecrit par le chansonnier Emile Debraux à la fin 1830 ou au début 1831, quelques semaines avant de s’éteindre, à trente-cinq ans, le 12 février 1831, cité par Claude Duneton dans Mots d’amour, Seuil, 1993

Une fois, nous ne devions pas nous voir de la semaine, et je la rencontre à la porte Saint-Martin ; je lui offre de prendre quelque chose, elle me dit que si elle vient ce sera uniquement par complaisance ; je la reconduis à mon tour près de chez elle, et nous entrons chez un marchand de vin au Marais, où il y a, par parenthèse, des chambres très commodes où l’on trouve lit, fauteuil à bras, cuvette, carafe, etc. ; je la dispose du mieux possible pour ne pas trop devoir à sa complaisance, quand je vois ses yeux se fermer, je la pose sur le lit, et nous commençons. Je ne sais pas si son intention était de finir, ce que je sais, c’est que je crus qu’elle ne finirait pas de m’inonder de foutre et de baisers ; une bordée n’était pas plus tôt lâchée qu’elle rechargeait pour décharger encore avec plus de feu : elle me tint sur elle pendant une heure entière, avec des prières de ne pas m’ôter, des tremblements convulsifs, des étreintes à m’étouffer, des menaces même ; enfin je n’avais jamais vu rien d’approchant, je crus qu’elle allait mourir par l’état de faiblesse où je la vis réduite après avoir déchargé – je n’ose pas le dire, on ne le croira pas – dix-sept fois !... dix-sept fois !... Pour moi, je ne pus opérer que cinq fois… et je restai raide, il est vrai, mais pour ainsi dire immobile sur elle tant que son ardeur ne fût pas assouvie. Lorsque enfin elle me permit de m’ôter et que je l’eus fait, je fus obligé de tordre sa chemise, son jupon et sa robe de mérinos, qui étaient mouillés comme si on les eût trempés dans un seau, dans le bas par le foutre, dans le haut par la sueur.

Les Kâma-sûtra, Vâtsyâyana, entre le Ie et le VIe siècle

« Chez l’homme, l’éjaculation se produit à la fin de la copulation tandis que la sécrétion de la femme est ininterrompue. Tout s’arrête après l’orgasme victorieux qui survient au tarissement des jus. »

Cantique des Cantiques

Traduit de l’hébreu par Pierre Thomas du Fossé en 1689, collection Mille et une nuits, 1994

IV

L’Époux

11. Vos lèvres, ô mon épouse, sont comme un rayon qui distille le miel ; le miel et le lait sont sous votre langue, et l’odeur de vos vêtements est comme l’odeur de l’encens.
12. Ma sœur, mon épouse est un jardin fermé. Elle est un jardin fermé et une fontaine scellée.
13. Vos plants forment comme un jardin de délices rempli de pommes de grenades et de toutes sortes de fruits de Cypre et de nard ;
14. Le nard et le safran, la canne aromatique et le cinnamome, avec tous les arbres du Liban, s’y trouvent aussi bien que la myrrhe et l’aloès, et tous les parfums les plus excellents.
15. C’est là qu’est la fontaine des jardins, et les puits des eaux vivantes qui coulent avec impétuosité du Liban.
16. Retirez-vous, aquilon ; venez, ô vent du midi ; soufflez de toutes parts dans mon jardin, et que les parfums en découlent.

VIII

L’Épouse

  1. Qui me procurera le bonheur de vous avoir pour frère, suçant les mamelles de ma mère, afin que je vous trouve dehors, que je vous donne un baiser, et qu’à l’avenir personne ne me méprise ?
  2. Je vous prendrai et je vous conduirai dans la maison de ma mère : c’est là que vous m’instruirez, et je vous donnerai un breuvage d’un vin mêlé de parfums, et un suc nouveau de mes pommes de grenade.
  3. Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrassera de sa main droite.

 

 

Films -

De l’eau tiède sous un pont rouge, Shohei Imamura, 2001

-       Ne dites rien à personne au sujet de l’eau. J’ai trop honte.

-       Que faites-vous ?

-       Ce froid, cette chaleur…, comme c’est agréable. L’eau, l’eau va déborder, l’eau…

-       De l’eau ?

-       Pardonne-moi ! C’est la première fois. Ça déborde.

-       Ça va sécher vite. Ce n’est pas du pipi. C’est la première fois qu’il y en a autant.

-       Pour moi aussi c’est une première.

-       Tu as dû être surpris ?

-       C’est plutôt inattendu. La flaque d’eau dans la supérette, c’était la même chose ?

-       Oui. L’eau s’accumule en moi. Jusque-là. Tu vois, jusque-là. Dis-moi, je te dégoûte ?

-       Pas du tout.

-       Vraiment pas ?

-       Comment dire ? Je suis seulement surpris.

-       Tant mieux.

Plus encore -

Point G et accouchement

Il est une autre fin thérapeutique à la stimulation sexuelle du point G : faciliter l’accouchement. L’orgasme permet la détente et un plus facile élargissement du vagin et, de plus, il a un pouvoir analgésique. Sous l’effet de l’excitation, le corps génère de la dopamine et multiplie sa production d’ocytocine, l’hormone du plaisir et de l’attachement produite lors de l’acte sexuel comme lors de l’accouchement. Il est en tout cas un centre hospitalier qui offre ces prestations que tous devraient proposer, le Birth Centre de Londres www.birthcentre.com. On peut lire un excellent article à ce sujet http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=73345 et aller sur le site (www.unassistedchildbirth.com).

Un peu de technique

Pourquoi l’orgasme vaginal est-il différent de l’orgasme clitoridien ? Parce que le clitoris est relié au nerf vulvaire, lui-même relié à la vulve et au tiers inférieur des muscles PC (pubo-coccygiens), alors que le point G est relié au nerf pelvien, lui-même relié à l’urètre, à la vessie, à l’utérus, à la prostate et aux deux tiers supérieurs des muscles PC.

Pour éjaculer, les sexologues recommandent de renforcer les muscles PC. Les muscles PC forment l’ensemble des muscles pelviens, comprenant les muscles utérins. Ils participent à l’éjaculation et provoquent les contractions orgasmiques.

Ovidie l’explique ainsi (œuvre citée) : « Plus nos muscles sont entretenus, plus notre vagin se contractera fort. S’il n’est pas assez musclé, il ne pourra pas comprimer nos glandes para-urétrales et expulser le liquide hors de l’urètre. »

Le gynécologue Arnold Kegel s’est attaqué aux problèmes d’incontinence des femmes. Pour les aider à renforcer leurs muscles pelviens, il a inventé en 1947 un instrument de mesure appelé depuis périnomètre de Kegel et a mis au point des exercices pour muscler le périnée. Aujourd’hui, les exercices de Kegel sont toujours recommandés et on peut tester ses muscles PC en clinique. Le périnomètre moderne a été mis au point pour mesurer la force et la souplesse des muscles PC et guider les femmes dans la pratique des exercices de Kegel (http://doctorg.com/kegel-exercises.htm). En pharmacie, on peut aussi se procurer le pack de rééducation périnéale Ophrys (http://www.ophrys-femme.com/page2.php?id_chapitre=15&titre=Le%20Pack%20de%20r%E9%E9ducation%20p%E9rin%E9ale%20Ophrys%99).

Exercices pratiques par Ovidie

Comment trouver son point G selon Ovidie

« Tournez vos doigts de manière à ce que la pulpe soit en direction de votre vessie. Vous allez distinguer une zone qui se situe juste après votre os pubien (que vous devez probablement sentir également) qui n’a pas la même texture que le reste de votre vagin. La paroi est légèrement rugueuse et bosselée. Appuyez légèrement dessus, comme si vous vouliez atteindre votre vessie. Si vous ressentez une sensation assez vivre presque douloureuse, comme un besoin incontrôlable d’aller uriner, c’est qu’il s’agit de votre point G. » Et une fois qu’on l’a trouvé, il faut exercer de petites pressions dessus pour l’exciter – petites pressions qui peuvent aussi être exercées par un / une partenaire. Elle conseille de stimuler parallèlement le clitoris pour maintenir l’excitation et dépasser l’envie d’uriner.

Les meilleures positions lors du coït : le pénis doit venir terminer ses mouvements sur le point G et non pas au fond du vagin. Pour cela, il faut que le vagin et le pénis ne s’emboîtent pas parfaitement mais se touchent en biais. Les deux positions les plus efficaces sont la cavalière penchée en arrière et le missionnaire en équerre.

Comment apprendre à éjaculer selon Ovidie

Elle avoue ne pas avoir de moyen infaillible. Son conseil : tout d’abord, il faut tonifier ses muscles périnéaux. Puis : pratiquer le coït selon les positions recommandées pour exciter le point G. « Si vous ressentez un plaisir vaginal intense, caressez-vous le clitoris jusqu’à ce qu’un orgasme monte. Lorsque vous atteindrez le point culminant, vos muscles vont se contracter violemment (ou mollement si vous ne les entretenez pas). Vous allez peut-être ressentir comme un besoin étrange de pousser, comme si vous vouliez expulser ou emprisonner le sexe de votre partenaire. Bloquez votre respiration et poussez (oui, oui, comme un accouchement !). Si cela ne marche pas, recommencez à chaque orgasme jusqu’à ce que vous y parveniez."
In Osez découvrir le Point G, La Musardine, 2006

Le site d'Ovidie

Lisez aussi le livre de Deborah Sundahl, Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine, elle consacre plus de cent pages aux différentes techniques pour parvenir à ses fins orgasmiques et éjaculatoires.

Témoignages -

Mireille, ans, Médecin
Dr Mireille Bonierbale

Rédacteur en chef de la revue Européenne de Santé Sexuelle Sexologies
Médecin Coordonnateur de l'Unité Fonctionnelle de Sexologie et de Dysphorie de Genre, service du Pr. C. Lançon, CHU Ste Marguerite (Marseille)

La technique d'amplification du point G a été « inventée » par un gynécologue américain en 2001, le Dr David Matlock. Depuis, cet astucieux médecin a ouvert à Los Angeles la clinique de rajeunissement du Vagin où il refait, en outre d'une fortune personnelle, la beauté des lèvres, le resserrement du vagin et toute approche de la cosmétique de la femme en mal de son image sexuelle. Il dit bien que l'amplification du point G ne sert pas à traiter des dysfonctions sexuelles mais à augmenter (temporairement, il faut refaire régulièrement des injections) les sensations sexuelles. Il a créé des filiales de ses cliniques qui semblent être une approche devenue lucrative du mal être féminin aux USA. En France, cette approche a été reprise tout d'abord par le Dr Benattar avec des  variations qui, selon les médecins, viennent des caractéristiques du produit injecté. Sur le plan scientifique, on manque d'études sur une population suffisante pour en tirer des conclusions claires, d'autant que l'indication ne l'est pas non plus. Cependant, les témoignages de femmes qui en tirent un bénéfice ne manquent pas, en particulier sur les sites américain du Dr Matlock. Par contre, on ne connaît rien des déçues ou mécontentes, mais le papier de décharge que le Dr Matlock fait signer  laisse entendre que les risques ne sont pas neutres. Donc l’amplification du point G peut améliorer la vie sexuelle de certaines femmes, mais de manière temporaire. Ce n'est pas une approche d'ambition curative.

I understand the risks associated with the proposed procedure(s) to be: 

Bleeding
Infections
Urinary retentions
Accelerated collagen re-absorption
No effect at all
Allergic reactions
Constant awareness of the G-Spot
A sensation of always being sexually aroused
Constant vaginal wetness
Mental preoccupation of the G-Spot
Alteration of the function of the G-Spot
Sexual function alterations
Hematoma (collection of blood)
Collagen site ulceration
Urethral injury (tube you urinate through)
Urinary retentions
Hematuria (blood in urine)
UTI (Urinary Tract Infection)
Urinary Urgency (feel like you always have to urinate)
Urinary Frequency
Increased/worsening nocturia (waking up several times at night to urinate)
Change in urinary stream
Urethral vaginal fistula (hole between urethra and vagina)
Vesico-vaginal fistula (hole between bladder and vagina)
Dyspareunia (Painful intersourse)
Need for subsequent surgery
Alteration of vaginal sensations
Scar formation (vaginal)
Urethral stricture (abnormal narrowing of the urethra)
Local tissue infarction and necrosis
Yeast infections
Vaginal Discharges
Spotting between periods
Bladder Pains
Overactive Bladder (OAB)
Bladder Fullness
Exposed Material
Pelvic Pains
Pelvic Heaviness
Collagen injected into the bladder or urethra
Erosion
Fatigue
Damage to nearby organs including bladder, urethra and ureters
Alteration of bladder dynamics
Post-operative pain
Prolonged pain
Intractable pain
Alteration of the female sexual response cycle
Failed procedure
Varied results
Psychological alterations
Relationship problems
Sex life alteration
Decreased sexual function
Possible hospitalization for treatment of complications
Lidocaine toxicity
Anesthesia reaction
Embolism
Depression
Reactions to medications including anaphylaxis
Nerve damage
Permanent numbness
Slow healing
Swelling
Sexual dysfunction
Allergy to Collagen material
Collagen migration
Nodule formation 



Françoise, ans, sexo-pédagogue

Françoise Vatré

J’ai pour la première fois de ma vie entendu parler du point G lors de ma formation d’animatrice en éducation sexuelle. Alors que j’avais déjà 40 ans – c’était dans les années 80 – et que j’évoluais dans un milieu médical. Parallèlement, j’ai lu le livre de Frédérique Gruyer. Ces deux modes d’approche m’ont convaincue de l’existence du point G. J’ai eu la chance d’avoir pour professeur Charles Bugnon, un médecin pionnier de l’éducation sexuelle dans le canton de Vaud. Il nous a expliqué que le point G est un reste embryonnaire de la masculinité. La découverte de ce phénomène me permet de rassurer de nombreuses femmes dans le cadre de ma vie professionnelle. Elles ont honte, ne comprennent pas ce qui leur arrive, elles croient que le liquide qui s’écoule d’elles est urinaire. Grâce à un discours pédagogique, j’arrive à les déculpabiliser.



Joëlle, 37 ans, assistante maternelle
 Lorsque cela se produit, ça arrive fortuitement, sans crier gare. Mais c'est énorme, le lit est tout mouillé. Exactement comme si j'avais fait pipi. La première fois, je me suis demandé ce que c'était. J'ai senti les draps et j'ai su que ce n'était pas de l'urine. J’ai la sensation que quelque chose sort de moi. C’est très agréable, mais pas plus agréable que lorsque j'ai un orgasme vaginal sans éjaculation. Je me demande si ce phénomène n'est pas lié à l'affectif, à l'émotionnel. J'ai l'impression que cela se déclenche lorsque je sais que je vais être séparée de mon partenaire. Comme si c'était lié à la peur de la perte. C'est le jus de l'abandon.

Jean, 55 ans, artiste
J’ai rencontré plusieurs femmes-fontaine. La première fois que j’ai été confronté à ce phénomène, je ne savais pas ce que c’était. J’étais encore jeune et ma maîtresse ne m’avait pas prévenu. Pendant l’acte, elle a éjaculé. Subitement, le fluide se met à jaillir sans prévenir. J’ai été surpris, mais cela ne m’a pas dégoûté. Ensuite, ma maîtresse s’est confiée. Elle m’a dit que cela ne lui arrivait que quand elle se sentait vraiment bien. Mais dans ces cas, c’était plus fort qu’elle. Je n’ai tiré aucune gloire personnelle de ce phénomène, je ne me suis pas dit que c’était moi qui l’avais provoqué. C’était une expérience sexuelle parmi d’autres.

Par la suite, j’ai rencontré des femmes qui se sont confiées à moi sans que l’on ait de relations sexuelles. Elles étaient soulagées de parler avec quelqu’un qui les comprenne. Lors de rapports, en tout, j’ai connu trois femmes-fontaine. Les femmes sont toujours un peu gênées de devoir aborder le sujet pour la première fois avec un homme. Elles se demandent si elles vont être comprises, si l’écoulement de leur fluide va être toléré. Elles ont une certaine pudeur par rapport à cela. Mais lorsqu’elles sentent que le phénomène est admis, elles sont très heureuses de pouvoir en parler. Elles disent que parfois elles perdent leurs moyens, que ça ne s’arrête pas.

Une femme avec qui j’en ai parlé m’a mis en garde en me disant que son fluide était brun. J’ai trouvé cela curieux, mais je n’ai pas vérifié.

Une autre, avec laquelle j’ai eu des rapports, a mis du talc sur le lit pour éponger le liquide – comme s’il fallait l’effacer.

Assister à une éjaculation féminine provoque en moi un respect de l’autre. Je trouve que c’est excitant, mais comme d’autres choses. Je ne suis pas particulièrement en quête d’une femme-fontaine.

Les femmes m’ont parfois demandé de goûter leur fluide. Ce n’est pas neutre, plutôt acide.

Lorsque le phénomène se produit, il faut accepter ce qui se passe, le vivre normalement. De toute façon, tout ce qui est sexuel est étrange…



Philippa, ans,
J’ai beaucoup apprécié votre article sur le point G et l’éjaculation féminine, source d’intéressantes précisions scientifiques sur ce résidu de prostate.

Ce fut l’occasion de voir rejaillir un flux de très bons souvenirs.

Qu’elle n’a pas été ma surprise lorsque, pour la première fois, après un orgasme violent et délicieux dans les bras d’un amant non moins délicieux, je me suis découverte femme-fontaine. Ce fut l’objet d’une longue discussion, nous avons plaisanté sur le sujet, beaucoup ri, et évidemment essayé de renouveler le prodige, avec un succès aussi certain que fortuit.

Il est évident pour moi que ce phénomène est lié à l’affectif, cela ne m’est arrivé qu’avec un seul partenaire, l’homme de ma vie, toujours lors d’étreintes merveilleusement intenses et après une jouissance totale.



 
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